Des dispositifs expérimentaux pour la scolarisation de jeunes autistes dans des écoles de Brive

Mis à jour : févr 18


A Brive, une unité d'enseignement à la maternelle à Roger-Gouffault et un dispositif d'autorégulation en élémentaire à Saint-Germain permettent à de jeunes autistes d'accéder à l'enseignement ordinaire.


Dans des écoles de Brive, des dispositifs expérimentaux, basés sur la méthode du canadien Stéphane Beaulne, offrent une scolarisation innovante à des enfants diagnostiqués porteurs de troubles du spectre autistique par le Centre d’action médico­sociale précoce (CAMS). C’est la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) qui les oriente vers ces filières spécifiques.


Une petite unité en maternelle


L'unité d'enseignement maternelle autisme (UEMA), créée en 2014 par l’Association départementale d’amis et de parents de personnes handicapées mentales (Adapei) de la Corrèze, en partenariat avec l’Éducation nationale, l’Agence régionale de santé et la Ville, est le seul dispositif de ce type en Corrèze. D'une capacité de sept élèves, cette classe fonctionne avec une enseignante spécialisée, Séverine Nauche. Elle est aidée par une équipe pluridisciplinaire, composée de quatre éducatrices de jeunes enfants, une psychomotricienne, une orthophoniste et une psychologue. Cette petite unité,  avec quasiment un encadrant pour un enfant, propose " un accompagnement précoce et intense pour un accès à l’enseignement scolaire, explique Élodie Leyrat, chef de service autisme à l’Adapei. Le but est que les enfants puissent accéder à l’apprentissage en agissant sur leurs troubles du comportement, qui sont un obstacle dans ce domaine. "Pour ces enfants non verbaux, le travail se fait beaucoup avec les pictogrammes, des guidances physiques, verbales ou gestuelles : prendre la main pour l’amener à faire telle chose, détailler à l’oral tous les gestes nécessaires à une action… L’objectif est de " faire accéder les enfants au statut d’élève, permettre l’inclusion partielle ou totale dans les classes ordinaires, ce qui se fait, selon l’évolution de l’enfant, au sein de la maternelle via des ateliers ".


Une scolarité accompagnée en élémentaire

Depuis février 2019, à l’école Saint-Germain à Brive, comme à l'école de la commune de Saint-Germain-les-Vergnes, de jeunes autistes sont scolarisés à temps plein dans des classes ordinaires, grâce au dispositif d’autorégulation porté par la Fondation Chirac, toujours en partenariat avec l’Éducation nationale et la Ville.Trois enfants, deux en de CP et un en CM2, avec TSA (trouble dans le spectre de l’autisme), suivent les cours, participent aux sorties, aux activités, mangent à la cantine… presque comme les autres élèves. Ils ne sont pas accompagnés par une auxiliaire de vie scolaire, mais sont suivis par une équipe socio­éducative du Ripi, Réseau d’intervention précoce et intensive. " L’équipe intervient en appui pour agir sur les troubles du comportement explique Caroline Tronc, chef de service du Sessad de la Fondation Chirac. Déficients légers, ces enfants sont capables d’apprendre un apprentissage scolaire si on les aide à se réguler. "Les enfants font partie de l'école à part entière" A Saint-Germain, à Brive, les enfants autistes sont avec leurs pairs, ils passent une journée ordinaire à l'école, poursuit Caroline Tronc. C'est important pour l'évolution de leur comportement, car ils sont beaucoup dans l'imitation. On incite ainsi les enseignants à valoriser un bon comportement d'un élève, pour donner un modèle à imiter, plutôt que de pointer le comportement négatif. "

Dans les écoles, les enseignants spécialisés et les équipes médico-sociales sont ainsi des personnes ressources pour les enfants en difficulté, pas uniquement les jeunes autistes. " L’équipe médico­sociale dispose d’une salle où elle peut prendre les enfants individuellement pour retravailler des notions scolaires ou dans le cadre de groupe d’habilité sociale, avec d’autres enfants de l’école, pour les aider à se comporter quand ils ne sont pas contents, frustrés. "«Séverine Nauche nous a fait changer notre regard.Personne ressource pour les enfants en difficulté, elle nous a donné des clés pour la compréhension sur le fonctionnement de l’enfant ; apporter des techniques pour nos enseignements, des astuces. Quand un enfant faisait une crise, on était souvent démuni ; maintenant on arrive à mieux anticiper ce type de réactions grâce aux conseils de Séverine Nauche. » Nathalie Delattre, directrice de la maternelle Roger-Gouffault.


L'objectif : anticiper les troubles du comportement

Les troubles de l’autisme ne disparaîtront jamais, mais " on peut les estomper ; donner les outils à l’enfant et aux personnes qui l’entourent pour prévenir une crise et l’éviter ", précisent les professionnels.Après trois ans au sein de l'unité en maternelle, " quelques enfants font leur rentrée en élémentaire, en classe ordinaire ou en autorégulation ; les autres intègrent une structure médico­sociale, comme un Institut médico­éducatif (IME) avec toujours la possibilité d’inclusion dans le milieu ordinaire ", conclut Élodie Leyrat. Sur la vingtaine d’enfants accueillis au sein de l’UEMA depuis sa création, sept sont passés en milieu ordinaire.


Retrouvez cet article sur : https://www.lamontagne.fr/brive-la-gaillarde-19100/actualites/des-dispositifs-experimentaux-pour-la-scolarisation-de-jeunes-autistes-dans-des-ecoles-de-brive-correze_13654277/#refresh


#inclusion #UEMA #école #autisme